Trop jeunes pour mourir

Publié le 9 Juin 2008



C'est un peu l'anti Ken Park. Aux jeunes corps photogéniques s'opposent des corps de septuagénaires. A l'image lumineuse et esthétisante s'oppose un cadre video à la netteté fluctuante. Et pourtant, ces histoires de corps se rejoignent dans leur innocence, leur crudité et surtout leur quête de savoir. Car même à 70 ans passés on apprend encore à donner et prendre du plaisir. A donner de l'amour.

L'audace de ce film est bien sûr de filmer la vieillesse sans fard mais aussi sans pitié, c'est à dire telle qu'elle est vécue par ses personnages : ils veulent encore apprendre et profiter, profiter de chaque instant pour rire ou chanter, faire l'amour et s'aimer. La précision du cadre rend le flou ou le sombre de l'image plus intenses. Les scènes de sexe, aussi crues soient-elles ne sont jamais racoleuses (ce qui n'est pas toujours le cas du film cité plus haut). Elles illustrent simplement le quotidien de ce couple dont on ne sait rien sinon qu'il a décidé de vivre sa jeunesse jusqu'au bout. De baisers en rigolades, de disputes en petites attentions, les deux septuagénaires vivent leur amour comme deux adolescents jamais rassasiés, chaque jour leur offrant l'occasion d'apprendre un peu plus de l'autre, de la possession, de soi. Le film est court, rude et tendre, bancal et touchant à la fois. Il est de ces récits qui font du bien.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Bons coups

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