DarkShadows2

 

Sur le papier, c'est du tout cuit pour le réalisateur hirsute et son acteur fétiche. L'un pourra être gothique, l'autre grimaçant, dans une comédie horrifique aux décors ad hoc. Ça commence donc comme on s'y attend, même si l'on regrette d'emblée une voix-off narrative dont on aurait pu se passer. Pour le reste tout est là, sorcière, malédiction, vampire, famille foutraque dans son manoir moribond.

 

On note assez vite quelques changements dans l'univers burtonien. D'abord la datation, 1972, et la manière dont le cinéaste s'approprie la pop attitude, avec distance et amusement, jouant régulièrement le décalage entre les vieux bois du manoir, les manières du héros, les plastiques, le combi Volkswagen ou les hippies.

 

Autre nouveauté, Johnny Depp n'en fait pas des tonnes : pas trop de grimaces, pas d'effets de voix, et surtout aucun roulement d'yeux. Notons d'ailleurs la grande homogénéité d'un casting de qualité, entre les figures habituelles, Depp et Bonham Carter en tête, le retour d'une Michelle Pfeiffer en grande forme et comme toujours impériale, une Eva Green convaincante, et la toujours prometteuse Chloé Grace Moretz.

 

Loin du ratage d'Alice au pays des merveilles, Dark shadows est un film qu'on suit agréablement, sans ennui, mais sans émotion. Lisse de bout en bout, sans enjeu dramatique, sans ruptures de ton, le dernier Burton est une jolie chose bien troussée mais sans épaisseur. On regrette que le cinéaste ne s'en tienne qu'aux apparences de personnages dont les tourments et les noirceurs auraient mérité qu'on s'y attarde. Accentuant la comédie tout autant que le drame, il aurait pu nous offrir un grand film.

 

On peut alors s'interroger sur l'avenir d'un cinéaste dont les derniers films, à l'exception de Sweeney Todd, ont déçu. Quid de son inspiration, qu'a-t-il encore à dire ? N'est-il plus que décorateur, costumier, maquilleur ? Nous attendrons encore, mais à trop s'oublier, Tim prend le risque qu'on l'oublie.

 

Etoile2

Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 18:51
- Par pierreAfeu - Publié dans : Coups moyens - Communauté : 1 article = 1 film
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À la question de Truffaut de savoir si le cinéma est plus important que la vie,
ma réponse est non.


Vous saurez pourquoi en allant voir le blog de mon partenaire en cinéphilie
(et en bien d'autres choses), heavenlycreature.

Le rideau est donc tiré pour quelques temps.

À bientôt,

pierreAfeu

 

 

Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 21:26
- Par pierreAfeu - Publié dans : Au-delà du cinéma
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CafeDeFlore2.jpg

 

Café de Flore est un mauvais film, peut-être même très mauvais. C'est en tout cas deux heures de quasi supplice que quelques rares plans (ici, il n'y a pas de scènes) tentent en vain de sauver.

 

Alors c'est quoi ç't'affaire ? Deux époques, deux lieux, 2011 au Québec, 1969 à Paris, deux manières de filmer qui vont bientôt se mélanger, images et montage chocs pour 2011, gros grains et teintes délavées pour 1969. Ben oui, faut qu'on comprenne. À noter que le cinéma des années 60 étant beaucoup plus moderne que l'actuel, il eut été plus malin d'inverser.

 

Au Québec, on suit l'histoire d'un DJ entre son ex-femme et son actuelle girl-friend. Ça n'a strictement aucun intérêt. Sorte de roman Harlequin mis en images par un diplômé en marketing, le tout ressemble à une pub pour de l'eau minérale ou un déodorant pour homme ("pour nous, les hommes !"). Les clichés se succèdent et se tirent la bourre à une vitesse telle qu'on compte les secondes qui nous séparent de la fin. Si les comédiennes ne s'en sortent pas trop mal, Kevin Parent se montre aussi mauvais qu'il est sexy. Les dialogues sont affligeants de bêtise, les situations abyssalement creuses... même la musique est mauvaise, c'est dire.

 

À Paris nous est contée l'histoire de Jacqueline qui élève seule son fils trisomique. Il y avait là quelque-chose à raconter, mais on ne fait que survoler les relations complexes unissant ses deux êtres presque seuls au monde. Quelques joli moments de complicité entre la mère et le fils, un (petit) brin d'émotion, mais c'est tout. Et là, c'est dommage, parce que Vanessa Paradis fait preuve d'une générosité de jeu qui n'est pas assez récompensée.

 

On ronge donc son frein pendant plus d'une heure jusqu'à ce que, patatras, alors qu'on pensait avoir vécu le pire, le pire arrive, le vrai, sous la forme d'une conclusion mille fois plus tarabiscotée que le langage québécois (ce qui est en soi un exploit), salmigondis de réincarnation post-psychanalytique d'une lourdeur rarement vue. Ça nous achève.

Et dire que c'est le même Jean-Marc Vallée qui avait réalisé le très joli C.R.A.Z.Y. Mais il avait alors Bowie pour l'inspirer...

 

Etoile1

 

fdh2-copie-1

Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 14:19
- Par pierreAfeu - Publié dans : Mauvais coups - Communauté : 1 article = 1 film
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Millenium2-copie-1.jpg

 

Si on n'a pas lu le(s) roman(s), on en a peut-être vu la première adaptation, téléfilm sans relief dont seule Noomi Rapace nous reste en mémoire et ce, malgré un traitement particulièrement confus du personnage qu'elle interprète, Lisbeth. Les personnages principaux de l'histoire, Lisbeth donc et Mikael, représentent d'ailleurs la seule originalité d'un récit, qui brasse en les mêlant les thèmes déjà maintes fois rabâchés du secret de famille et du serial killer. Millénium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes n'apporte donc rien de neuf au thriller.

L'intérêt de l'adaptation filmée par Fincher réside donc ailleurs. Même si les lecteurs du roman ont pointé des différences notables entre l'original écrit et le film, force est d'admettre que la narration est ici beaucoup plus fluide et compréhensible que dans la version suédoise. Alors qu'on ne comprenait rien à Lisbeth, on peut ici tracer les contours d'un personnage trouble et décalé, trop lisse dit-on, mais tout de même suffisamment en décalage par rapport à ceux qui l'entourent pour justifier l'histoire qu'on nous raconte. De même, le personnage du journaliste-enquêteur est également beaucoup mieux dessiné et moins monolithique.

 

Et puis, il y a Fincher aux commandes. On craint d'abord le pire avec un générique, certes très beau, mais tellement clipesque qu'on se demande où l'on nous emmène. Ensuite, c'est très confus et très bavard, un peu comme si, dans la lignée de The social network, Fincher avait chopé l'insupportable tic de Nolan de nous noyer sous mille explications inutiles. On comprend heureusement très vite qu'il n'en est rien. Au bout d'un quart d'heure, tout se met en place.

 

Alors qu'après le formidable Zodiac, la mise en scène de Fincher semblait se ringardiser dans la naphtaline de son Benjamin Button, elle se montre ici éclatante et juste. Pas un plan de trop, des mouvements de caméra limpides, un cadre au millimètre, un montage rythmé, transforment l'intrigue sans relief en un pur divertissement de grande qualité. On pense alors au formidable The ghost-writer de Polanski, qui nous donnait de véritables leçons de cinéma sur une histoire sans grand intérêt. Si Millénium n'égale pas ce dernier, on n'en est pas loin.

 

Ajoutons à cela une interprétation sans faille, Rooney Mara très juste, Daniel Craig bien meilleur ici qu'en smoking, Robin Wright, Christopher Plummer, Stellan Skarsgard ou encore Joely Richardson, tous réussissant à donner vie à des personnages par ailleurs jamais éloignés des archétypes. Ainsi, magnifiant un récit linéaire et sans surprise par une mise en scène brillante et efficace et une BO au top (Trent Reznor en tête), le Millénium de Fincher, ni film d'auteur ni blockbuster, atteint le meilleur du cinéma de divertissement. 

 

Etoile3

Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 19:16
- Par pierreAfeu - Publié dans : Bons coups - Communauté : 1 article = 1 film
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LouiseWimmer2.jpg

 

Il y a un côté laborieux dans Louise Wimmer, une manière de faire, de vouloir bien faire, qui mine le film de l'intérieur. Certes, le parti pris de faire du personnage principal cette femme pas forcément sympathique est à la fois juste et judicieux. Que le film soit essentiellement factuel également. Mais à force de dérouler le catalogue des mille et une combines de l'héroïne pour rester digne (se laver, se changer, manger, dormir), le film oublie ce qu'il est : un objet de cinéma.

 

Pourtant il est question de cinéma dans Louise Wimmer. La mise en scène, plus travaillée qu'il y paraît, est relativement soignée et s'enrichit de quelques trouvailles sonores ou visuelles intéressantes. De la même manière, en évitant les grosses ficelles du mélo facile, le scénario est plutôt bien construit.

Alors pourquoi n'arrive-t-on que rarement à être totalement immergé dans ce récit terrible et foncièrement réaliste de la précarité ? Pourquoi sent-on trop souvent la caméra derrière le cadre, la (bonne) intention dans l'écriture, certaines scènes et certaines dialogues ne semblant être là que parce qu'ils doivent l'être ? Pourquoi Corinne Masiero, malgré son talent, ne nous émeut pas davantage ?

 

Les questions restent en suspens et se font oublier le temps de quelques moments d'émotion ou de grâce ("la" scène Nina Simone, la mise au point de la patronne de bistrot, la dernière séquence et ses tours en plein soleil), puis reviennent une fois le film terminé. S'il n'est pas un coup dans l'eau, Louise Wimmer n'est pas la claque attendue. Ce n'est certainement pas par manque de convictions (le réalisateur vient du documentaire) ni de sincérité, un trop peu d'énergie peut-être (mais l'héroïne est à la fois abattue et énergique), une rage trop cadrée, un déroulé trop attendu... jusqu'au dénouement un peu trop rapide pour être crédible.

À noter que si l'on siphonne le gazole d'un camion, encore faut-il s'assurer que sa voiture roule également au gazole, ce qui n'est pas le cas ici.

 

Etoile2

 

fdh2-copie-1

Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 22:33
- Par pierreAfeu - Publié dans : Coups moyens - Communauté : 1 article = 1 film
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Ce n'est pas parce qu'on parle de cinéma
qu'on ne parle pas d'autre chose.

Le Top du Top 2011

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