DeRouille2.jpg

 

Au petit jeu des statistiques, Audiard s'en sort encore. Sur ses quatre derniers films, deux sont bons, un  autre est moyen, et le tout dernier est (presque) totalement raté. Celui que l'on voyait jusqu'alors comme le nouveau grand cinéaste français, ferait bien de revoir ses copies avant de revenir nous voir. Pour être clair, De rouille et d'os n'a qu'un seul intérêt, Marion Cotillard.

 

Le film narre la vie parallèle et la rencontre de deux personnages, Ali, looser pas magnifique, et Stéphanie, femme de tête (et de chair) mais bientôt sans jambes.

Tout ce qui concerne Ali est mauvais, le fond social, le fils, la sœur, les combats clandestins... ça suinte le cliché et le déjà-vu puissance 1000, et cette manière très bourgeoise de gauche de filmer la misère des pauvres est quasiment insupportable. À ce titre, la fin culmine dans le genre "oh non, il a pas fait ça ?"... Celui qui avait su rendre profondément romanesque une réalité terrible dans Un prophète se vautre ici dans une putasserie digne des chaînes de la TNT. On n'en dira pas davantage du personnage d'Ali, qui, à l'image de son background, n'a aucune consistance.

 

Marion Cotillard donc, tout simplement éblouissante, sauve le film du naufrage et de l'ennui. On s'ennuie souvent certes, mais sa justesse de jeu, pour peu qu'on arrive à se concentrer sur elle, réussit à nous faire oublier le reste. Ça ne suffit pas évidemment, tout comme les quelques rares (très rares) scènes réussies, à rendre le film honorable. Il y avait pourtant quelque-chose à raconter avec cette fille toute de matière brute, mais Audiard préfère se concentrer sur les torses nus des hommes qui se battent. Il filme bien, comme toujours, mais le niveau de cinéma qu'il avait atteint dans son précédent film tourne ici à vide. Ce qui était juste devient maniéré, ce qui était abstrait devient creux, le ralenti tue le ralenti, et même la BO sonne faux.

 

Cerise sur le gateau, le film est beaucoup trop long, et ne nous épargne pas une dernière partie quasiment grotesque. De rouille et d'os est raté, vide et ennuyeux. Et pourtant, les effets spéciaux sont bons.

 

Etoile1

Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 16:48
- Par pierreAfeu - Publié dans : Mauvais coups - Communauté : 1 article = 1 film
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MoonriseKingdom2

 

Wes Anderson se délecte de familles borderline. Lieu central d'expérimentation de presque tous ses films, la tribu andersonniène est constituée de parents à l'ouest, plutôt égocentriques et vaguement despotes, et de grands enfants perdus un peu neurasthéniques. Burlesque et mélancolique, son cinéma est graphique et hors du temps, un brin désuet.

 

Dans Moonrise kingdom, les enfants sont jeunes (pour une fois) mais très sérieux et particulièrement déterminés. Le film se situe en 1965 mais évite bien évidemment tout réalisme. Nous sommes ici dans un conte aux jolies images édifiantes, succession de cartes postales naïves du scoutisme, de la rébellion post-adolescente et de la découverte de l'amour. Plaisant et délicieux, Moonrise kingdom se déguste avec plaisir mais laisse un peu sur sa faim.

 

Le charme des meilleurs films de Wes Anderson, La vie aquatique et À bord du Darjeeling limited tient au sentiment de liberté et de lâcher prise qui les habite. La poésie qui les baigne nait du décalage et de la surprise, chaque personnage ne semblant jamais à sa place. Ici, on sent comme jamais la maîtrise d'un réalisateur qui ne veut rien laisser au hasard. C'était déjà la limite de Fantastic Mr Fox, et c'est encore plus flagrant ici. Si le film nous réserve de délicieux moments (la danse de Sam et Suzy sur la plage notamment) et regorge de trouvailles visuelles, il lui manque le joyeux bordel que nous aimons tant chez son réalisateur.

 

On retiendra cependant un casting impeccable, les deux jeunes comédiens en tête, parfaits de sérieux et de candeur, aux côtés des impeccables mais sans surprise Bill Murray et Frances McDormand, et des habilement décalés Edward Norton, Bruce Willis et Tilda Swinton. Agréable donc mais un peu trop propret, Moonrise kingdom ne marquera pas durablement les esprits.

 

Etoile2demi

Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 21:39
- Par pierreAfeu - Publié dans : Assez bons coups - Communauté : 1 article = 1 film
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DarkShadows2

 

Sur le papier, c'est du tout cuit pour le réalisateur hirsute et son acteur fétiche. L'un pourra être gothique, l'autre grimaçant, dans une comédie horrifique aux décors ad hoc. Ça commence donc comme on s'y attend, même si l'on regrette d'emblée une voix-off narrative dont on aurait pu se passer. Pour le reste tout est là, sorcière, malédiction, vampire, famille foutraque dans son manoir moribond.

 

On note assez vite quelques changements dans l'univers burtonien. D'abord la datation, 1972, et la manière dont le cinéaste s'approprie la pop attitude, avec distance et amusement, jouant régulièrement le décalage entre les vieux bois du manoir, les manières du héros, les plastiques, le combi Volkswagen ou les hippies.

 

Autre nouveauté, Johnny Depp n'en fait pas des tonnes : pas trop de grimaces, pas d'effets de voix, et surtout aucun roulement d'yeux. Notons d'ailleurs la grande homogénéité d'un casting de qualité, entre les figures habituelles, Depp et Bonham Carter en tête, le retour d'une Michelle Pfeiffer en grande forme et comme toujours impériale, une Eva Green convaincante, et la toujours prometteuse Chloé Grace Moretz.

 

Loin du ratage d'Alice au pays des merveilles, Dark shadows est un film qu'on suit agréablement, sans ennui, mais sans émotion. Lisse de bout en bout, sans enjeu dramatique, sans ruptures de ton, le dernier Burton est une jolie chose bien troussée mais sans épaisseur. On regrette que le cinéaste ne s'en tienne qu'aux apparences de personnages dont les tourments et les noirceurs auraient mérité qu'on s'y attarde. Accentuant la comédie tout autant que le drame, il aurait pu nous offrir un grand film.

 

On peut alors s'interroger sur l'avenir d'un cinéaste dont les derniers films, à l'exception de Sweeney Todd, ont déçu. Quid de son inspiration, qu'a-t-il encore à dire ? N'est-il plus que décorateur, costumier, maquilleur ? Nous attendrons encore, mais à trop s'oublier, Tim prend le risque qu'on l'oublie.

 

Etoile2

Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 18:51
- Par pierreAfeu - Publié dans : Coups moyens - Communauté : 1 article = 1 film
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À la question de Truffaut de savoir si le cinéma est plus important que la vie,
ma réponse est non.


Vous saurez pourquoi en allant voir le blog de mon partenaire en cinéphilie
(et en bien d'autres choses), heavenlycreature.

Le rideau est donc tiré pour quelques temps.

À bientôt,

pierreAfeu

 

 

Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 21:26
- Par pierreAfeu - Publié dans : Au-delà du cinéma
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CafeDeFlore2.jpg

 

Café de Flore est un mauvais film, peut-être même très mauvais. C'est en tout cas deux heures de quasi supplice que quelques rares plans (ici, il n'y a pas de scènes) tentent en vain de sauver.

 

Alors c'est quoi ç't'affaire ? Deux époques, deux lieux, 2011 au Québec, 1969 à Paris, deux manières de filmer qui vont bientôt se mélanger, images et montage chocs pour 2011, gros grains et teintes délavées pour 1969. Ben oui, faut qu'on comprenne. À noter que le cinéma des années 60 étant beaucoup plus moderne que l'actuel, il eut été plus malin d'inverser.

 

Au Québec, on suit l'histoire d'un DJ entre son ex-femme et son actuelle girl-friend. Ça n'a strictement aucun intérêt. Sorte de roman Harlequin mis en images par un diplômé en marketing, le tout ressemble à une pub pour de l'eau minérale ou un déodorant pour homme ("pour nous, les hommes !"). Les clichés se succèdent et se tirent la bourre à une vitesse telle qu'on compte les secondes qui nous séparent de la fin. Si les comédiennes ne s'en sortent pas trop mal, Kevin Parent se montre aussi mauvais qu'il est sexy. Les dialogues sont affligeants de bêtise, les situations abyssalement creuses... même la musique est mauvaise, c'est dire.

 

À Paris nous est contée l'histoire de Jacqueline qui élève seule son fils trisomique. Il y avait là quelque-chose à raconter, mais on ne fait que survoler les relations complexes unissant ses deux êtres presque seuls au monde. Quelques joli moments de complicité entre la mère et le fils, un (petit) brin d'émotion, mais c'est tout. Et là, c'est dommage, parce que Vanessa Paradis fait preuve d'une générosité de jeu qui n'est pas assez récompensée.

 

On ronge donc son frein pendant plus d'une heure jusqu'à ce que, patatras, alors qu'on pensait avoir vécu le pire, le pire arrive, le vrai, sous la forme d'une conclusion mille fois plus tarabiscotée que le langage québécois (ce qui est en soi un exploit), salmigondis de réincarnation post-psychanalytique d'une lourdeur rarement vue. Ça nous achève.

Et dire que c'est le même Jean-Marc Vallée qui avait réalisé le très joli C.R.A.Z.Y. Mais il avait alors Bowie pour l'inspirer...

 

Etoile1

 

fdh2-copie-1

Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 14:19
- Par pierreAfeu - Publié dans : Mauvais coups - Communauté : 1 article = 1 film
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Ce n'est pas parce qu'on parle de cinéma
qu'on ne parle pas d'autre chose.

Le Top du Top 2011

TopTom

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