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Si on n'a pas lu le(s) roman(s), on en a peut-être vu la première adaptation, téléfilm sans relief dont seule Noomi Rapace nous reste en mémoire et ce, malgré un traitement particulièrement confus du personnage qu'elle interprète, Lisbeth. Les personnages principaux de l'histoire, Lisbeth donc et Mikael, représentent d'ailleurs la seule originalité d'un récit, qui brasse en les mêlant les thèmes déjà maintes fois rabâchés du secret de famille et du serial killer. Millénium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes n'apporte donc rien de neuf au thriller.

L'intérêt de l'adaptation filmée par Fincher réside donc ailleurs. Même si les lecteurs du roman ont pointé des différences notables entre l'original écrit et le film, force est d'admettre que la narration est ici beaucoup plus fluide et compréhensible que dans la version suédoise. Alors qu'on ne comprenait rien à Lisbeth, on peut ici tracer les contours d'un personnage trouble et décalé, trop lisse dit-on, mais tout de même suffisamment en décalage par rapport à ceux qui l'entourent pour justifier l'histoire qu'on nous raconte. De même, le personnage du journaliste-enquêteur est également beaucoup mieux dessiné et moins monolithique.

 

Et puis, il y a Fincher aux commandes. On craint d'abord le pire avec un générique, certes très beau, mais tellement clipesque qu'on se demande où l'on nous emmène. Ensuite, c'est très confus et très bavard, un peu comme si, dans la lignée de The social network, Fincher avait chopé l'insupportable tic de Nolan de nous noyer sous mille explications inutiles. On comprend heureusement très vite qu'il n'en est rien. Au bout d'un quart d'heure, tout se met en place.

 

Alors qu'après le formidable Zodiac, la mise en scène de Fincher semblait se ringardiser dans la naphtaline de son Benjamin Button, elle se montre ici éclatante et juste. Pas un plan de trop, des mouvements de caméra limpides, un cadre au millimètre, un montage rythmé, transforment l'intrigue sans relief en un pur divertissement de grande qualité. On pense alors au formidable The ghost-writer de Polanski, qui nous donnait de véritables leçons de cinéma sur une histoire sans grand intérêt. Si Millénium n'égale pas ce dernier, on n'en est pas loin.

 

Ajoutons à cela une interprétation sans faille, Rooney Mara très juste, Daniel Craig bien meilleur ici qu'en smoking, Robin Wright, Christopher Plummer, Stellan Skarsgard ou encore Joely Richardson, tous réussissant à donner vie à des personnages par ailleurs jamais éloignés des archétypes. Ainsi, magnifiant un récit linéaire et sans surprise par une mise en scène brillante et efficace et une BO au top (Trent Reznor en tête), le Millénium de Fincher, ni film d'auteur ni blockbuster, atteint le meilleur du cinéma de divertissement. 

 

Etoile3

Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 19:16
- Par pierreAfeu - Publié dans : Bons coups - Communauté : 1 article = 1 film
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LouiseWimmer2.jpg

 

Il y a un côté laborieux dans Louise Wimmer, une manière de faire, de vouloir bien faire, qui mine le film de l'intérieur. Certes, le parti pris de faire du personnage principal cette femme pas forcément sympathique est à la fois juste et judicieux. Que le film soit essentiellement factuel également. Mais à force de dérouler le catalogue des mille et une combines de l'héroïne pour rester digne (se laver, se changer, manger, dormir), le film oublie ce qu'il est : un objet de cinéma.

 

Pourtant il est question de cinéma dans Louise Wimmer. La mise en scène, plus travaillée qu'il y paraît, est relativement soignée et s'enrichit de quelques trouvailles sonores ou visuelles intéressantes. De la même manière, en évitant les grosses ficelles du mélo facile, le scénario est plutôt bien construit.

Alors pourquoi n'arrive-t-on que rarement à être totalement immergé dans ce récit terrible et foncièrement réaliste de la précarité ? Pourquoi sent-on trop souvent la caméra derrière le cadre, la (bonne) intention dans l'écriture, certaines scènes et certaines dialogues ne semblant être là que parce qu'ils doivent l'être ? Pourquoi Corinne Masiero, malgré son talent, ne nous émeut pas davantage ?

 

Les questions restent en suspens et se font oublier le temps de quelques moments d'émotion ou de grâce ("la" scène Nina Simone, la mise au point de la patronne de bistrot, la dernière séquence et ses tours en plein soleil), puis reviennent une fois le film terminé. S'il n'est pas un coup dans l'eau, Louise Wimmer n'est pas la claque attendue. Ce n'est certainement pas par manque de convictions (le réalisateur vient du documentaire) ni de sincérité, un trop peu d'énergie peut-être (mais l'héroïne est à la fois abattue et énergique), une rage trop cadrée, un déroulé trop attendu... jusqu'au dénouement un peu trop rapide pour être crédible.

À noter que si l'on siphonne le gazole d'un camion, encore faut-il s'assurer que sa voiture roule également au gazole, ce qui n'est pas le cas ici.

 

Etoile2

 

fdh2-copie-1

Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 22:33
- Par pierreAfeu - Publié dans : Coups moyens - Communauté : 1 article = 1 film
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CollineCoq2.jpg

 

Peu importent les tensions évoquées entre les Miyazaki, c'est ce qui nous est donné à voir (père au scénario, fils à la réalisation) qui compte. On abandonne ici les délires fantastiques qui ont rendu célèbres père et studio pour se retrouver dans une quotidienneté peut-être rêvée, en tout cas retranscrite avec volonté de réalisme, celle du Japon florissant des années 60.

 

Cette volonté de rendre les faits tangibles, des repas préparés et pris, à la visite à Tokyo, en passant par la discussion de deux garçons dans les urinoirs, donne corps à des personnages de chair et de sang alors qu'ils sont dessinés. Le graphisme comme la narration, à la fois précis et naïfs, se conjuguent dans un mélodrame romanesque qui évite la niaiserie tout en se permettant de belles audaces. S'il traite d'amours adolescentes, le film ne s'adresse pas vraiment aux enfants (bon courage aux parents pour répondre à certaines questions).

Superbement dessiné, mis en scène avec soin, La colline aux coquelicots est aussi finement écrit. Flirtant avec la nostalgie tout en évitant les clichés, narrant avec subtilité une histoire d'amour plutôt complexe, le film traite également d'héritage, de modernité et de filiation. On se laisse rapidement prendre à cette histoire de quête et de découvertes, servie par deux héros particulièrement attachants. Fait rare pour un film d'animation, l'émotion nous cueille avec douceur et intelligence alors qu'on ne s'y attend pas (le rêve d'Umi, l'au revoir du tramway, le récit de la mère d'Umi).

 

Alors qu'on retrouve également toutes les qualités graphiques du studio Ghibli (la première visite du foyer étudiant, les rues de Tokyo, le tableau peint et tant d'autres détails), on se laisse porter par un récit délicat et fort, simple et complexe, dont la naïveté assumée est particulièrement rafraîchissante.

 

Etoile3

 

fdh2-copie-1

Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 17:11
- Par pierreAfeu - Publié dans : Bons coups - Communauté : 1 article = 1 film
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Takeshelter2.jpg

 

Autant le dire tout de suite, Take shelter est une déception, d'autant plus grande que sa dernière partie est très réussie. On regrette alors des erreurs de scénario et de rythme, qui ruinent pendant plus d'une heure le propos par ailleurs plutôt intelligent du film.

 

Il n'est pas nécessaire de revenir sur le pitch que tout le monde connaît. Curtis est-il cinglé ou pas, telle est la question que le spectateur devrait se poser et qu'il ne se pose pas vraiment. Il ne se la pose pas pour plusieurs raisons. Il y a d'abord un problème avec ses cauchemars. Le premier est par définition surprenant, mais les suivants arrivent avec une telle régularité, et toujours de la même manière (le cauchemar, les suées, le réveil, le petit-déjeuner) que les effets voulus tombent à plat. Seul celui qui introduit la dernière partie du film s'associe parfaitement avec les scènes qui suivent.

 

D'une manière générale, le rythme imposé à la narration, rythme lent aux images très "indé US", s'adapte mal à ce qu'on nous raconte. On ne sent aucune tension, aucune progression, aucun danger. Nous n'arrivons jamais à partager les peurs du héros. On le suit dans son projet d'agrandissement de l'abri anti-tempête, on comprend ses inquiétudes quant à son état mental, on mesure celles de sa femme, mais le film avance comme si tout évoluait en parallèle, sans lien réel imbriquant les scènes les unes dans les autres. Certes, le film arrive à nous faire partager de très beaux moments. Certaines scènes sont très justes, tant dans le fond que dans la forme. Citons la visite de Curtis à sa mère, le moment où il explique tout à sa femme, la scène où son patron vient le voir, la discussion avec son frère. Mais, isolées dans le flou narratif, elles n'arrivent pas à créer entre elles de liens solides.

 

Tout se construit donc plutôt maladroitement jusqu'à une scène de pétage de plomb qui sonne un peu faux, mais se termine de très belle manière. C'est que Sam, la femme de Curtis, l'aime. Et c'est l'amour qui lie cette femme, cet homme et leur fille sourde, qui est au cœur du film. C'est lui qui va donner tout son sens et tout son fond à une dernière partie particulièrement réussie. Tous les éléments qui, jusque-là, ne réussissaient pas cohabiter, s'assemblent et s'unissent pour un très beau moment de cinéma et d'émotion.

 

On retrouve ici le grand talent de Michael Shannon, même si le film n'atteint bien sûr pas la puissance du sublime Bug qui l'a révélé. À ses côtés, Jessica Chastain est très juste, comme tout le reste du casting d'ailleurs. Un film décevant donc (parce qu'on en attendait beaucoup), comme une recette ratée alors qu'on avait tous les ingrédients nécessaires à sa réussite.

 

Etoile2

 

fdh2-copie-1

Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 08:25
- Par pierreAfeu - Publié dans : Coups moyens - Communauté : 1 article = 1 film
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Les films vus en 2012 dans l'ordre mais dans le désordre.
1 clic sur le nom = la critique.

 

Take shelter

La colline aux coquelicots

Louise Wimmer

Millenium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 18:22
- Par pierreAfeu - Publié dans : Films de 2012
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Ce n'est pas parce qu'on parle de cinéma
qu'on ne parle pas d'autre chose.

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