Vinyan

Publié le 6 Octobre 2008



Beau générique graphique qui nous en rappelle un autre, suivi d'une immersion aquatique qui donne le ton au film. Océan, marais, pluie, vont rythmer cette plongée en apnée dans les profondeurs du deuil.

L'idée est belle et bien menée, le lent glissement du réel au fantasme, du tangible au fantastique s'opère habilement. Le travail du son est impressionnant, tellement présent que certains y ont vu de la prétention. Ce serait pourtant un procès d'intention fait à Fabrice Du Welz tant sa démarche semble en tous points sincère. On est donc face à un projet de cinéma qui ne peut laisser indifférent. Tout comme pour Calvaire, son précédent film, le réalisateur fait des propositions radicales et s'y tient. Son film est avant tout visuel et surtout sonore, presque sensoriel.

Emporté dans son expérimentation, il en oublie malheureusement de s'intéresser réellement à ses personnages. Si Béart et Sewell sont convaincants, ceux qu'ils incarnent n'en demeurent pas moins assez flous. Il aurait fallu davantage s'intéresser à ce couple, à ce qui l'habite. Sa plongée dans la forêt birmane n'en aurait été que plus dense. Au lieu de cela, on a du mal à être véritablement en phase avec ce qui leur arrive.

C'est dommage tant la narration (volontairement économe en dialogues) et le travail purement formel sont de grande qualité. Aussi, tout comme pour Calvaire (qui pêchait principalement par l'interprétation calamiteuse de Laurent Lucas), Vinyan laisse sur sa fin tout en donnant envie qu'on le défende, tant il impose des qualités de réalisation qui donneront certainement, un jour, un grand film.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Coups moyens

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