I'm not there

Publié le 17 Décembre 2007

Je ne suis pas, et de loin, un spécialiste de Robert Zimmerman alias Bob Dylan. Je savais d'avance que je ne comprendrais pas tout, que certaines références me passeraient au-dessus. Aussi, dès les premières images de "I'm not there", ai-je décidé de me laisser faire par cette fresque mi-historique mi-fantasmée, à la fois érudite et ludique. Le film de Todd Haynes est un peu comme un collage sans structure véritable, utilisant divers matériaux pour les juxtaposer dans le but de créer un ensemble qui aurait du sens. Coupures de presse, mythes américains, guerres, luttes raciales, romans d'amour, musique, sont quelques uns des éléments du puzzle qui n'en est pas un. Ce bordel organisé nous parle aussi de ce que peut être un artiste. Quelle place occupe-t-il dans la société, quelle place la société veut-elle qu'il occupe, quelles est sa part de liberté ? Peu importe finalement qu'il s'agisse de Bob Dylan ou de n'importe qui, peu importe qu'il existe ou pas, la richesse du film de Todd Haynes est ailleurs : l'artiste est un fantasme qui nous renvoie l'image qu'on veut bien recevoir. L'idée de faire interpréter Dylan par plusieurs comédiens (avec pour chaque personnage un nom différent) illustre bien cette démarche. Chacun, de Christian Bale à Heath Ledger en passant par l'extraordinaire Cate Blanchett, nous tend un miroir différent, chaque "Dylan" nous permettant d'illustrer une page de l'histoire. Mais quelle histoire ? La subtile mécanique du film tourne cependant un peu à vide au bout d'un moment et, malgré la touchante Charlotte Gainsbourg et la bluffante Cate Blanchett, on décroche un peu. C'est dommage. Avec un peu plus de rigueur dans la réalisation de son collage, Todd Haynes aurait réussi son pari et nous aurait alors offert un formidable film...



Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Bons coups

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