La tête de maman

Publié le 20 Septembre 2007

Lulu a 15 ans, et c'est une jeune fille au caractère bien trempé. Ses camarades de classes s'en rendent compte (et surtout celui qui en pince pour elle et qu'elle appelle "tête de fille"). Lulu découvre l'amour au moment où elle se pose des questions sur sa mère. Juliette, sa mère traîne une dépression chronique qu'elle somatise en concentrant toute son énergie sur ses problèmes digestifs… Le papa, Antoine, est très aimant mais plutôt absent… Un jour Lulu découvre des vieux films Super8 de sa mère. Là elle se rend compte qu'elle a été jeune et belle, souriante et heureuse. Et surtout femme. Et ce grâce à son premier amour : Jacques.
Dès lors, Lulu va tout faire pour retrouver ce Jacques qui devrait, elle l'espère, redonner le sourire à sa mère.

C'est un premier film très touchant, pas complètement abouti, un peu maladroit mais très attachant. C'est d'abord l'histoire de l'amour d'une fille pour sa mère. Une mère tournée sur elle-même, détestable parfois, mais que Lulu a envie de voir heureuse.

C'est aussi l'histoire d'une jeune fille qui découvre l'amour et la sexualité et qui ne sait pas par quel bout prendre tout ça… Simon, un copain de classe est amoureux d'elle, mais comme il l'appelle Lucile et qu'elle ne le supporte pas, elle lui cogne dessus. Très jolie manière de montrer la naissance de l'amour. Ces deux-là se cognent dessus pour pouvoir se toucher…

Ce qui fait le charme de ce film c'est sa dimension onirique. Elle n'est pas assez développée à mon goût. Pas assumée ou alors freinée par les producteurs… Mais elle donne au film son originalité et sa profondeur. Certaines scènes sont improbables mais on y croit parce qu'elles font partie de cette manière poétique de montrer les choses.

C'est un film léger et profond, émouvant mais sans pathos, et souvent très drôle. Il y une scène hilarante où la mère de Lulu est dans une herboristerie. Elle parle de ses problèmes digestifs avec grand sérieux… Karin Viard a même déclaré que c'est cette scène qui l'avait décidée à accepter le rôle alors que la réalisatrice redoutait le contraire.

Karin Viard est une fois de plus éblouissante. Elle joue la dépressive à merveille. Son visage peut d'une seconde à l'autre être totalement neutre, puis s'illuminer du plus beau des sourires. Elle montre une fois de plus qu'elle est vraiment l'une de nos meilleures actrices.

Le reste du casting n'est pas en reste d'ailleurs. Kad Merad et Pascal Elbé sont très touchants en hommes amoureux, et la jeune Chloé Coulloud (découverte dans l'Ecole pour tous), qui finalement porte le film sur ses épaules, est très convaincante dans ce personnage de jeune fille qui découvre la féminité.

Un joli film, donc, imparfait mais touchant, et relevé par une interprétation sans faute.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Coups moyens

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