Still Life

Publié le 20 Septembre 2007

Still Life en deux mots : ça se passe en Chine, dans la ville de Fengje en amont du barrage des Trois Gorges. San Ming fait le voyage dans la région pour retrouver son ex-femme et sa fille qu'il n'a pas vu depuis seize ans. Aujourd'hui, l'immeuble, où elles ont vécu sont recouverts par les eaux du barrage des Trois Gorges. Dans la même ville, une femme, Shen Hong, cherche son mari disparu depuis deux ans.

Le film a obtenu le Lion d'Or à la dernière Mostra de Venise. Rappelons juste que l'année précédente, elle avait donné son Lion d'Or au Secret de Brockeback Mountain d'Ang Lee (non sélectionné à Cannes) et en 2004 son Lion d'Argent au sublime Locataires de Kim Ki-Duk. On était donc en droit de se dire qu'une fois de plus le cru "asiatique" du Festival de Venise allait à nouveau nous enthousiasmer, surtout que la critique française est dithyrambique à son sujet.

Et ben je suis un peu déçu. J'aime bien la lenteur au cinéma, l'observation, ce qu'on appelle le côté contemplatif d'un film, mais là je n'ai pas été embarqué. Et du coup, quand on n'est pas embarqué par un film contemplatif et ben on s'emmerde.

Et pourtant les personnages ont tout pour être touchants. Ils sont l'un et l'autre à la recherche d'un conjoint dont ils n'ont plus de nouvelles. Cette quête sentimentale se mêle à cette ville à la fois nouvelle et à la fois ancienne, vouée en partie à la destruction pour permettre au projet des 3 Gorges d'aboutir. Dans ce mélange de sentiments, de réalité sociale, de société qui passe d'un âge à un autre, on a quelquefois l'impression de revoir un film italien des années d'après-guerre, là où des personnages amoureux et un peu perdus, erraient dans des rues à moitié détruites, au pieds d'immeubles neufs… Mais l'image du film ne prête pas au rêve. La ville de Fengje n'est pas belle, le ciel est constamment gris, c'est pas glamour du tout. Je suppose que Jia Zhang Ke ne souhaitait pas faire un film glamour, mais quand même…

Mais attention, ce film n'est pas nul non plus, et on peut très bien s'y laisser aller et suivre les errements des personnages dans une société chinoise qui accentue les inégalités, oblige des femmes mariées à se prostituer, d'autres à vivre dans des campements de fortune au bord de l'eau. Il y a une vraie dimension sociale dans ce film, et ce dans un pays qui laisse encore peu de place à la critique…

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Coups moyens

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