Le silence de Lorna

Publié le 11 Septembre 2008



Les paroles de Lorna, son silence, son visage, son corps, sont constamment au cœur de l'image. Mais elle ? Qui est-elle, que ressent-elle, que veut-elle ?

On avance à tâton au fur et mesure que les frères Dardenne nous distillent leurs informations. Dure, infatigable, déterminée, Lorna avance. Puis elle trébuche. Sur sa route, des frontières, des papiers, des mariages blancs, de l'argent, beaucoup d'argent. Elle se plie jusqu'à ce que "le camé" qui l'a épousée pour qu'elle ait la nationalité belge décide de s'en sortir. A-t-elle pitié ? L'aime-t-elle ? Est-elle la seule dans ce jeu dangereux à respecter la vie humaine ? Lors d'une étreinte bouleversante, Lorna et Claudy cassent le contrat.

Avec un Prix du Scénario mérité, Le silence de Lorna se construit sur des discussions en voiture, dans un bar, dans des rues sombres. La ville, décor flou et lointain, n'existe pas. Les ellipses audacieuses relancent à chaque fois un récit qui n'a de cesse de nous surprendre, jusqu'à un final salvateur mais terrible. Arta Dobroshi est d'une grande justesse. Jérémie Rénier est quant à lui absolument bouleversant dans sa quête de survie. La mise en scène, sobre évidemment, accompagne bien le périple de Lorna, entre asservissement et rébellion. Un film sobre qui vise juste.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Bons coups

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dasola 28/09/2008 22:33

Bonsoir Pierrafeu, quel beau portrait de femme. Je me suis réconciliée avec les frères Dardenne après la déception de l'enfant. Cette Lorna m'a paru très antipathique au début (surtout vis-à-vis de son mari de complaisance) mais après elle s'humanise, elle a des remords de conscience. On sent qu'elle ne va peut-être pas s'en sortir mais il faut garder l'espoir. Bonne soirée.