Rumba

Publié le 15 Septembre 2008



Un cours d'anglais gentiment absurde avec en toile de fond un cours de sport au diapason, la joie des enfants quittant l'école après la sonnerie, bientôt relayée par celle des profs, beaucoup de couleurs et de sourires… dès les premières images le ton est donné. Le monde adulte n'est pas éloigné de celui de l'enfance, et quoi qu'il arrive, on garde le sourire.

On pense rapidement aux spectacles de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff : quasi-absence de dialogues, gymnastiques des corps, télescopages absurdes. On pense aussi bien sûr à Tati dans cette vision décalée de la relation avec les objets et le monde en général. Rumba nous offre un spectacle de rue sur grand écran, un rappel salvateur vers l'absurde et le plaisir immédiat. On rit beaucoup malgré la destinée dramatique des personnages. On s'attendrit aussi devant cette peinture douce d'une histoire d'amour qui résiste même à l'amnésie.

Avec une apparente simplicité, Rumba nous entraîne sur la piste légère et délicate d'un cinéma de l'essence, proche du théâtre mais presque muet, dans lequel le langage des corps est universel. On retrouve alors le plaisir enfantin de rire sans réfléchir : pas de second degré ici, pas "d'esprit canal", le message passe comme un courant électrique.

Rumba apparaît donc plus que jamais comme un film curatif dont la futilité apparente est absolument essentielle.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Bons coups

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