Nous, les vivants

Publié le 2 Décembre 2007

Cela se passe en Suède mais on n'est pas chez Ikea, ça fait penser aux films de Tati, mais ici la couleur est quasiment absente. Chaque décor est gris, crème ou brun. Le mobilier est rudimentaire, juste de quoi s'asseoir, écrire ou s'allonger. En une succession de saynètes filmées en plans fixes, Roy Andersson nous parle de nous, nous les vivants. Dans le dossier de presse, il déclare qu'il souhaite que chaque spectateur se reconnaisse dans son film, et le pari est gagné. Entre burlesque et émotion, le réalisateur nous propose de brefs portraits de l'être humain, dépeignant avec justesse et cocasserie des situations de solitude, de colère, de quête amoureuse. Cela pourrait être du théâtre, mais c'est du cinéma. Chaque scène est mise en place et cadrée avec un soin précis : en jouant sur la profondeur de champ, le premier et le second plan, Roy Andersson nous fait entrer dans son univers, nous invitant à devenir nous-même les figurants intelligents des scènes qu'il nous montre. Loin de toute esbrouffe, quasiment intemporel, "Nous, les vivants" a quelque-chose de Chaplin, cette qualité humaine des films qui parlent à tous. On pourrait le qualifier de petit film, mais c'est un petit film indispensable. Le jour où ce genre de cinéma aura disparu, nous aurons perdu quelque-chose.



Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Bons coups

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Fritzlangueur 04/12/2007 10:51

Je suis d'accord avec toi, ce genre de film tellement à part, a le mérite d'xister et de nous divertir. Un film totalement indépendant financé par les pubs que réalise anderson en Suède et dans ses propres studios. Un exemple !