Minuit à Paris

Publié le 15 Mai 2011



Après "Woody craque son slip chez Gaudi" puis "Woody rentre à la maison", voici donc "Woody au Musée Grévin". On pourrait en rester là tant Minuit à Paris est aussi creux dans le fond que dans la forme.

Ça commence donc en diaporama de l'Office de Tourisme, Paris jaune sous le soleil, puis Paris sous la pluie avant Paris by night. On ne s'y attarde pas puisqu'on s'y attendait. On nous présente ensuite les personnages, sans intérêt aucun (ça sent le "déjavou"), puis le procédé diabolique, sorte de recyclage soldé de La rose pourpre du Caire, qui nous plonge en pleine illustration du dictionnaire des Beaux-Arts de 1950.

Filmé mollement, mal éclairé, mal écrit, Minuit à Paris serait anecdotique s'il n'était pas signé Woody Allen. Et c'est bien là que le bât blesse. Que dire de ce défilé d'artistes édifiants tout droit sortis d'un livre d'école ? Aucun n'est crédible, aucun n'est bon (sauf Dali-Brody), tous sont ridicules : Hemingway récitant ses maximes, Zelda Fitzgerald faisant sa folle, Picasso prenant les traits d'un psychopathe, Bunuel ceux d'un psychorigide, etc, etc. Tout sonne faux, tout est plaqué, ça n'a aucun intérêt... sauf à se demander qui va bien pouvoir apparaître (acteur ? artiste ?) dans le plan suivant.

On ne parle même pas des réflexions bidon sur la vocation de l'artiste ou le "c'était mieux avant, mais encore mieux avant, et avant encore"... Pour être clair : on s'emmerde ferme dans cette reconstitution de pacotille. Ce n'est guère mieux pour les séquences contemporaines même si on sourit parfois à quelque réplique amusante.

Il est alors triste de se dire que la seule singularité du film tient à son casting hétéroclite. Allons-y donc : Owen Wilson est parfait en clone de Woody Allen, rien à redire. Idem pour Michael Sheen, nickel en tête de con. Rachel McAdams joue son rôle, de même que Kathy Bates. Carla Bruni et Lea Seydoux sont insignifiantes, et Marion Cotillard joue "Marionne Cotillarde à Hollywood". Il en y en d'autres, mais on va arrêter là. Woody s'est bien foutu de notre gueule. C'est bien la peine de se moquer des clichés véhiculés par les américains sur Paris pour nous pondre ça : une coquille vide sans aspérité, sans charme, sans profondeur.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Mauvais coups

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C
Comme Neil, j'ai passé un bon moment. J'ai surtout apprécié le fait que Allen n'en rajoute pas trop (le scénario n'a pas de fin en soi), ce qui rend l'ensemble subtil et léger.
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N
Rôôô qu'il est méchant... c'est bon ça.<br /> Bah moi j'ai passé un très bon moment avec ce Woody qui m'a rappelé ses films d'antan. Je l'ai pris comme une petite fantasie légère, j'ai trouvé contrairement à toi que la photographie était bien travaillée et que les réflexions sur la création artistique ne sont pas inintéressantes.
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S
L'a la dent dure le Pierrot. Et c'est compréhensible même si j'ai moins envie de le détruire que de le banaliser. Sauvons toutefois Owen Wilson.
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G
Le film, c'est pas du tout "c'était mieux avant", au contraire, c'est d'un optimisme fou! Et moi aussi, je me demande bien ce que tu avais ingurgité avant le film!
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P
Je crois que sous les apparences il critique le "c'était mieux avant", mais ça n'ajoute pas d'intérêt à son film.
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