l'empreinte de l'ange

Publié le 1 Septembre 2008



Le sujet est audacieux et casse-gueule : une femme pense reconnaître sa propre fille décédée 7 ans plus tôt en la personne de la fille d'une autre. Dépression, folie, médiumnisme, l'idée de départ peut nous conduire dans beaucoup de directions différentes.

Le premier bon choix tient dans le casting. Faire de Bonnaire la bourgeoise propre sur elle et de Frot la mère borderline est plutôt malin. Les scènes d'introductions sont bien construites, jusqu'à ce qu'Elsa (Catherine Frot) croise la petite Lola. On sent alors la faille apparaître. Bientôt, ce sera un séisme.

La mise en scène est classique mais sert plutôt bien le propos. La grande faiblesse du film tient dans son scénario. On sent que les scénaristes (qui sont le réalisateur et le chef décorateur) ont tout misé sur le personnage d'Elsa. Complexe, jamais caricatural, dense, porté par l'interprétation exceptionnelle de Catherine Frot, tout le film s'appuie sur lui. Aussi lorsqu'il est nécessaire d'articuler l'histoire autour des autres personnages, les faiblesses sont criantes, notamment dans des dialogues très pauvres. Le premier personnage à en pâtir est bien sûr celui de Claire. Dans ses premières scènes, Sandrine Bonnaire n'est pas à l'aise. Elle n'est pas bonne. Mais quand le scénario lui offre enfin des scènes qui ont du sens, elle devient puissante. De la même manière, autant la progression du mal être d'Elsa est peint avec profondeur et subtilité, autant la résolution du conflit Elsa-Claire est-il bâclé jusqu'à une fin totalement bancale. Tout cela est franchement dommage et nuit à un sujet vraiment intéressant.

Il reste cependant la bouleversante prestation de Catherine Frot qui n'a sans doute jamais été aussi bonne depuis La dilletante. Délaissant enfin ses rôles de bourgeoises coincées dérivés d'Un air de famille, elle porte le film de bout en bout. Fragile, déterminée, lucide et déroutante, elle nous offre un très beau portrait de femme.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Coups moyens

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dasola 02/09/2008 14:34

Bonjour Pierrafeu. Il faut accepter dès le départ l'invraisemblable: qu'Elsa reconnaisse sa fille alors que cette dernière est morte âgée de quelques jours. A part cela, ce genre de rôle convient très bien à Catherine Frot comme la Tourneuse de pages. A recommander.