Halloween

Publié le 11 Octobre 2007



Difficile de faire la critique d'un film quand on sait qu'on ne l'a pas vu dans les meilleures conditions. A Nantes il ne passe qu'au Pathé, réputé pour ne jamais passer de films en VO, mais aussi pour sa clientèle jeune-beaufisante dès qu'on projette un film de genre… Aussi, ai-je vu le dernier Rob Zombie dans une VF scandaleuse, rythmée par les commentaires continuels de trois-quatre branleurs en crise de testostéronite aiguë.

Rob Zombie aime les clowns. Il aime aussi filmer les familles borderline… Aussi, la première fois qu'il nous montre Michael Myers à l'âge de 10 ans, celui-ci se dissimule derrière un masque de clown. Puis il en empruntera un autre pour ne plus jamais le quitter ou presque, pour "cacher sa laideur" dit-il…

Rob Zombie ne fait ni un remake, ni un préquelle du film de Carpenter, il en donne sa propre vision. Et c'est un regard terriblement sombre. Alors que dans ces deux précédents films, le surréaliste "La maison des 1000 morts" et le génial "The devil's rejects", il proposait une narration oscillant entre l'horreur et le burlesque, il choisit ici une seule couleur : le noir. Michael Myers grandit dans une famille bancale, entre une mère magnifique et aimante, un beau-père répugnant, une grande sœur moqueuse et nymphomane, et une petite sœur encore pure… En plus de se faire traiter de tarlouze par son beau-père, il est aussi victime de harcèlement au collège.

Il commence par subir puis finit par se venger. Il semble alors trouver des repères dans la violence qu'il déploie, du plaisir peut-être, en tout cas de l'intérêt, comme s'il donnait un sens à sa vie. Il faut le voir regarder ses victimes d'un air impassible mais sérieux, comme s'il étudiait, comme s'il apprenait à chaque fois un peu plus sur le mal qui le ronge. Dans la première partie du film, le jeune Daeg Faerch est tout simplement prodigieux, tout comme Sheri Moon Zombie est une magnifique figure maternelle.

La suite on la connaît. Après avoir massacré ses bourreaux et quelques autres, Michael va passer 17 ans en hôpital psychiatrique, séjour seulement rythmé par les visites de sa mère et du psy qui le suit, et par la fabrication artisanale et passionnée de masques en tous genres… Michael ne parle plus et il a grandi : c'est un géant muet aux cheveux longs, le visage toujours caché d'un masque…

La dernière partie du film, reprend les événements du film de Carpenter. On retrouve Laurie Strode dans sa banlieue middle-class le soir du 31 octobre… Et Michael est là aussi.

Ce n'est pas un film qui fait peur, mais un film qui glace le sang, un film qui suggère la violence plus qu'il ne la montre, une peinture noire de l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus sombre, mais aussi de plus primaire : Michael Myers et un monstre, mais c'est aussi un homme.

On sent quelquefois les coupes imposées par la production. Mais Rob Zombie revendique à 100% son film, alors soyons avec lui. On attendra les bonus du DVD pour se plonger à nouveau dans la dernière œuvre d'un cinéaste désormais incontournable.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Bons coups

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Snifff 16/10/2007 15:36

Une très bonne relecture de l'oeuvre de Carpenter, malsaine et violente.

PierreAfeu 12/10/2007 09:21

Tu as le droit d'inventer de nouveaux mots, ce n'est pas un soucis… ;-)

Devil_Djo 11/10/2007 23:44

faute de frappepardon...Je voulais dire "Tapiole" pas "Tepiole"...gloups....

Devil_Djo 11/10/2007 23:43

idemOuais...Moi pareil...Deux technopoufs se sont installé pas loin de moi...Elles gloussaient, ricanaient et commentaient le film...
Mais elles n'ont jamais imaginé que Michael Myers est une tepiole à côté de moi quand je m'ennerve lol
2 mots ont suffis et je ne les ai plus entendu...MDR
Personne sur terre n'aurait reussi à me gacher ce film tant attendu...!!!!