La fille de Monaco

Publié le 4 Septembre 2008



Anne Fontaine nous parle de désir, de liberté, de pouvoir, d'aliénation. S'appuyant sur un scénario solide, choisissant un ton mi-léger mi-dramatique, brossant au mieux le portrait de cet avocat brillant mais seul, séduit au premier regard par la légère miss météo, prêt à se ridiculiser pour elle, mais toujours lucide dès qu'elle a disparu de son champ de vision, la réalisatrice se laisse submerger par son trop-plein de rigueur d'écriture et s'empêche de pousser ses personnages dans leurs retranchements.

Car si cette manière de peindre le personnage de Bertrand est tout à la fois précise et intelligente, au-delà des clichés du genre, il manque au film une folie (au choix perverse, macabre, désespérée ou jubilatoire) que l'on attend à chaque plan et qui ne vient jamais. Au contraire, se rétractant totalement dans les dernières séquences, le film se termine en eau de boudin sur un épilogue inutile, et une vision idyllique des prisons monégasques.

Et pourtant il y avait de la matière. Entre une Bardot revisitée par une Louise Bourgoin au poil, un vieux beau pas beau mais beau parleur interprété par un Fabrice Luchini sobre et touchant, et la masse virile au sex-appeal dévastateur d'un Roschdy Zem troublant, Anne Fontaine pouvait nous embarquer dans un jeu diabolique et jouissif dans lequel nous l'aurions suivie sans problème. Au final, La fille de Monaco est un film agréable à regarder, plaisant même, mais bien en-dessous de ce qu'il aurait pu être.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Coups moyens

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pL 05/09/2008 20:23

Ouais, le film aurait peut-être été meilleur s'il avait été un peu moins "sage". Mais personnellement j'ai trouvé ça très sympathique.

Snifff 05/09/2008 00:42

J'ai été plus déçu que toi, trouvant le film trop superficiel, et finalement assez creux. Le basculement de la comédie légère à la tragédie ne m'a pas du tout convaincu. Par contre Zem et Bourgoin, très bons.