Deux jours à tuer

Publié le 18 Mai 2008

Il a fallu la promo UGC à 3 euros la séance pour qu'enfin j'aille voir ce film, qui m'avait d'abord attiré un peu, puis fait craindre le pire. J'étais loin du compte...



Voilà un film qui veut nous faire croire qu'un type qui a bossé pendant 15 ans dans la pub, c'est à dire le milieu le plus pourri, puant et arrogant qui soit, découvre à ce terme qu'il mène une vie de con. Le même film veut nous faire croire à la fin que non, c'est autre chose qui lui a fait se rendre compte de la vacuité de son existence... On croit rêver. On commence donc par une scène dans une agence de pub, scène tellement grotesque que même Les Inconnus n'auraient pas osé la faire. Puis vient la "fameuse" scène du repas, plus grotesque encore, digne du pire théâtre de boulevard, là où le héros règle ses comptes et balance ses vérités à chacun de ses amis (qui du coup ne le sont plus, ben tiens) à coups de "toi, qui es psychiatre" ou "toi, qui es avocat"... On l'aura compris, pour que le spectateur comprenne bien ce qui se passe, la mise en scène a préféré le kilo de plomb au kilo de plumes. Les dialogues, d'une lourdeur incroyable, sont tellement improbables qu'on se pince pour être sûr de ne pas rêver. Ici il faut expliquer, expliquer à nouveau, surligner sans cesse, puis expliquer encore au moment où le spectateur se croyait sorti d'affaire...

On respire enfin, un peu, quand le héros, après avoir pris un auto-stoppeur Rmiste (pour sûr, pour faire de l'auto-stop il faut être Rmiste), se retrouve en Irlande, accompagné comme il se doit (quand même) par la musique locale en off (on se croirait dans ces films américains qui nous collent de l'accordéon sur la tour Eiffel dès qu'une scène se déroule à Paris).

Que dire d'autre ? Les comédiens ? Ils sont bons mais ne peuvent rien sauver. Dupontel, Croze ou Vaneck font ce qu'ils peuvent mais n'y peuvent rien. De Becker, je gardais le souvenir récent de bandes annonces Herta, et plus ancien de l'hystérique en pute dans L'été meurtrier. Maintenant j'en suis sûr : je vais définitivement le rayer de ma carte.

Ma note : 0 étoile.

 

 

 

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Sales coups

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Foxart 17/04/2010 21:19

Sale coup pour sur...Om y a bien lo,gtemps que je l'ai rayé de ma carte...
J'ai vu celui là sur Canal essentiellement pour Dupontel et je trouve ta métaphore du kilo de plomb très bien vu et rigolote !

pL 22/05/2008 00:05

Je comprends ton avis. Personnellement, j'ai bien aimé, je trouve que c'est nettement mieux que les derniers films (irregardables) de Becker. Après évidemment ça reste trop classique dans la réalisation, et le fait que le réalisateur veuille à tout prix garder secrète la "révélation" finale est discutable. Mais j'ai plutôt été séduit par ce film, notamment grâce aux acteurs, une nouvelle fois très bons...

PierreAfeu 19/05/2008 14:19

Bien sûr que tous les auto-stoppeurs ne sont pas Rmistes et réciproquement. Seulement, tout est tellement trop dans ce film que ce détail m'a semblé être un trop de plus. Mon cassage n'est pas gratuit, ni infondé. C'est mon simple point de vue. Ce film, non seulement m'a profondément ennuyé, mais m'a également mis en colère.

Je ne reviens pas sur ma critique et le grostesque de toutes les situations du début : le publicitaire qui envoie tout balader, c'est ici encore pire que dans 99F, je n'y crois pas une seconde. Quid d'un type qui au bout de 15 ans se rend enfin compte des choses : cela veut dire que pendant tout ce temps il n'a pensé à rien ? Tout d'un coup, sous prétexte de (…), il découvre que ses amis sont des cons, alors que jusque là ils étaient précisément ses amis... Et du coup on a droit à tous les clichés sur les bobos bien pensants et la vraie valeur des choses. Au secours ! De plus, si ses amis l'étaient vraiment, ils pourraient nous être sympathiques. Seulement ils sont réellement cons, aussi tout cela tombe-t-il totalement à plat.

Quant à la comparaison avec Into the wild, non, non, non ! Par pitié, non... Rien à voir entre un idéaliste de 20 ans et un publicitaire de 40. Rien à voir entre une quête spirituelle et un pêtage de plomb de petit-bourgeois. Rien à voir enfin, dans la mise en scène, brassant tous les styles dans le film de Sean Penn, ne brassant que des poncifs dans celui-ci.

Cher Snifff, nous ne serons pas d'accord cette fois, et je ne retirerai rien. ;-)

Snifff 19/05/2008 13:15

Surprenant démolissage en règle, que je trouve fort exagéré, ayant beaucoup apprécié le film. Je n'ai pas du tout été gêné par les dialogues que j'ai trouvé dans l'ensemble très juste, le tout très crédible et les itnentions du personnages au début m'évoquaient celle de Supertramp dans Into the wild.

Et puis, ta remarque sur l'autostoppeur me semble être vraiment abusée. Ce n'est pas parce que le personnage prend en stop un Rmiste, que Becker veut dire que tous les auto-stoppeurs sont Rmistes. Et j'espère que tu es bien d'accord sur le fait que certains auto-stoppeurs sont Rmistes... Il n'y a donc rien de gênant à ce que l'auto-stoppeur soit un Rmiste. Je trouve que tu vas un peu loin dans le cassage gratuit et infondé.Ensuite si tu as perçu le film de façon terriblement négative, et bah tant pis pour toi, puisque c'est un film qui comporte des qualités et des défauts mais qui est loin d'être ce qui se fait de pire en France.

dasola 19/05/2008 10:27

Bonjour Pierrafeu. Je te trouve très dur pour un film où moi, je n'ai pas deviné tout de suite ce qui arrive à Antoine. Dupontel est excellent. Les paysages d'Irlande sont beaux. J'ai eu beaucoup de plaisir à voir Pierre Vaneck. La chanson du générique d de fin m'a tiré des larmes. J'avais beaucoup aimé Dialogue avec mon jardinier et Effroyables jardins. "Deux jours à tuer" est descendu par la critique "officielle". C'est à mon avis injustifié mais je comprends que l'on puisse ne pas aimer le film. Il y a une chose sur laquelle je te rejoins c'est l'Eté meurtrier qui est un film que je déteste parce que je n'aime pas Adjani et son rôle est épouvantable. Bonne journée.