Control

Publié le 29 Septembre 2007

Bien que Joy Division soit de ma génération, voilà un groupe à côté duquel je suis passé : j'étais "plus" Cure, et surtout je venais de découvrir Bowie qui était à mes yeux (et demeure encore) au-dessus de tout. Je suis donc allé voir ce film sans attente particulière et sans à priori.

Filmé dans un noir et blanc somptueux, très clair au début, plus sombre à la fin, le film d'Anton Corbijn suit quelques années de la vie de Ian Curtis, de ses débuts dans la musique à sa mort en mai 1980. Chaque image est superbe et ressemble à une photo. Cette distanciation esthétique permet au réalisateur de nous fournir une évocation pudique et touchante d'un jeune artiste troublant et troublé. On n'est pas dans le pathos des biopics habituels : pas de voix off narrative, beaucoup de plans fixes, des scènes de concert plus vraies que nature, une BO judicieuse qui marque chaque scène dans le temps (Bowie en 73 et 77, Iggy Pop en 77, etc) et surtout une peinture juste d'un artiste dépassé par les évènements...

Sans doute ne suis-je pas particulièrement sensible aux destins tragiques des rock-stars. Je préfère les artistes qui durent, combattent leurs démons, travaillent, avancent, se transforment (ce que j'aime chez Bowie justement). Je sens donc intuitivement que ce film, malgré toutes ses qualités, ne me marquera pas dans le temps. J'en garderai le même souvenir qu'une magnifique expo photo, subtile, sensible et intelligente.



Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Bons coups

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jade 12/11/2007 21:25

Oui, je suis d'accord avec toi, c'est très beau, rien à redire au niveau esthétique, mais on reste un peu à distance, l'histoire semble un peu irréelle, presque onirique.

PierreAfeu 11/10/2007 11:20

Je suis tout à fait d'accord, cher Fritzlangueur. Je n'ai rien à reprocher à ce film : mon petit bémol est tout à fait personnel.

Fritzlangueur 11/10/2007 09:22

Joy Division aurait sans la tragique mise à mort de Curtis dépassé bien des groupes qui allaient naître dans les années 80. Il reste une espèce de précurseur qui les inspirera. Sur la manière de traiter la bio d'un star de la musique, on a quand même rarement fait mieux, à part peut-être The Rose...

Marcello 29/09/2007 23:06

Joy DivisionContent que tu ai découvert ou redécouvert ce groupe phare coincé entre la fin du punk et le début de l'electro-pop. L'aventure a continué dans les années 80 sous le nom de "new order "mais l'âme avait déjà disparu dans une soupe commerciale ( remarque malheureusement valable pour bien des groupes de l'époque y compris "the cure" ).