Café de Flore

Publié le 29 Janvier 2012

CafeDeFlore2.jpg

 

Café de Flore est un mauvais film, peut-être même très mauvais. C'est en tout cas deux heures de quasi supplice que quelques rares plans (ici, il n'y a pas de scènes) tentent en vain de sauver.

 

Alors c'est quoi ç't'affaire ? Deux époques, deux lieux, 2011 au Québec, 1969 à Paris, deux manières de filmer qui vont bientôt se mélanger, images et montage chocs pour 2011, gros grains et teintes délavées pour 1969. Ben oui, faut qu'on comprenne. À noter que le cinéma des années 60 étant beaucoup plus moderne que l'actuel, il eut été plus malin d'inverser.

 

Au Québec, on suit l'histoire d'un DJ entre son ex-femme et son actuelle girl-friend. Ça n'a strictement aucun intérêt. Sorte de roman Harlequin mis en images par un diplômé en marketing, le tout ressemble à une pub pour de l'eau minérale ou un déodorant pour homme ("pour nous, les hommes !"). Les clichés se succèdent et se tirent la bourre à une vitesse telle qu'on compte les secondes qui nous séparent de la fin. Si les comédiennes ne s'en sortent pas trop mal, Kevin Parent se montre aussi mauvais qu'il est sexy. Les dialogues sont affligeants de bêtise, les situations abyssalement creuses... même la musique est mauvaise, c'est dire.

 

À Paris nous est contée l'histoire de Jacqueline qui élève seule son fils trisomique. Il y avait là quelque-chose à raconter, mais on ne fait que survoler les relations complexes unissant ses deux êtres presque seuls au monde. Quelques joli moments de complicité entre la mère et le fils, un (petit) brin d'émotion, mais c'est tout. Et là, c'est dommage, parce que Vanessa Paradis fait preuve d'une générosité de jeu qui n'est pas assez récompensée.

 

On ronge donc son frein pendant plus d'une heure jusqu'à ce que, patatras, alors qu'on pensait avoir vécu le pire, le pire arrive, le vrai, sous la forme d'une conclusion mille fois plus tarabiscotée que le langage québécois (ce qui est en soi un exploit), salmigondis de réincarnation post-psychanalytique d'une lourdeur rarement vue. Ça nous achève.

Et dire que c'est le même Jean-Marc Vallée qui avait réalisé le très joli C.R.A.Z.Y. Mais il avait alors Bowie pour l'inspirer...

 

Etoile1

 

fdh2-copie-1

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Mauvais coups

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Trop pas d'accord. Pfff t'as rien compris LOL. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. La fin est un peu surréaliste, je l'admets mais ça va avec la forme du film, et alors ? (mon message est<br /> aussi surréaliste -))
Répondre
W
Pff. Dès que je me dis "bon j'y vais demain", je relis une autre critique de blogueur négative.
Répondre
J
Je conçois tous les défauts que tu cites, si le film c'était arrêté au bout de 45 minutes j'aurais certainement détesté ... J'ai du mal à expliquer pourquoi j'ai plutôt aimé, j'y repense encore, il<br /> n'est pas de ces films futils (je pense à Louise Wimmer par exemple) que j'ai oublié dès que mon cul a décollé du fauteuil en cuir du Concorde ... Là je sais pas, il y avait une âme, quelque chose<br /> ...
Répondre
N
Excellent ton article. Je te l'accorde le film est mauvais. Après, bon, quelques effets de mise en scène restent intéressants. Mais ça fait peu.
Répondre
M
Tu comprends maintenant ce que j'ai pu ressentir devant Detachment. Tu parles de lourdeur rarement vue, attends de subir le boulevard de clichés qu'est Detachment, et tu verras que ton agacement<br /> pour Café de Flore n'était absolument rien en comparaison de la merde de Tony Kaye… Bon courage.
Répondre
P
<br /> <br /> Je t'en dirai des nouvelles !!!<br /> <br /> <br /> <br />