Le bannissement

Publié le 7 Février 2008



Une grosse berline russe roulant à vive allure dans un paysage désert. Une cité industrielle grise et suintante. Une campagne aux prés blonds habillant des collines à perte de vue. Ces images, comme toutes celles du film, sont d'une rare beauté. Le cadre est étudié au millimètre, la lumière est aux mains d'un orfèvre. L'histoire est celle d'une tragédie antique. Mais en moins bavard. On nous présente Andrei Zviaguintsev comme le digne successeur de Bergman, Tarkovski, Antonioni. Il y en effet chez lui le goût du silence, du non-dit, de la contemplation. Mais aussi de la longueur… Dieu que ce film est long ! Une question posée obtient sa réponse au bout d'un quart d'heure, l'incommunicabilité est telle qu'on a bien souvent envie d'aller chercher cet homme et cette femme par le col pour les forcer à se parler. Quant à l'acteur principal, il est tellement impassible qu'on se demande comment il a obtenu le prix d'interprétation cannois... Bref, un film d'un esthétisme renversant, traitant d'un sujet profond, malheureusement bridé par une narration d'un autre temps. L'ennui n'est pas loin.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Coups moyens

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