Une vie violente

Publié le 14 Août 2017

Une vie violente

Afin de replacer le film dans son contexte historique, un court texte de préambule vient rappeler la vente de la Corse par la République de Gênes à la France en 1768 (un an avant la naissance de Napoléon Bonaparte). L'île avait alors déclaré son indépendance et rédigé ce qui est considéré comme la première constitution démocratique de l'histoire moderne (saluée notamment par Voltaire et Rousseau).

Une vie violente se déroule au milieu et à la fin des années 1990, au moment où le mouvement nationaliste se scinde, les uns continuant à frayer avec le milieu, les autres reprenant une direction plus intransigeante et venant de fait s'opposer au banditisme et aux petits arrangements.

Sec et factuel, le récit accompagne son personnage principal comme il épouserait la respiration d'un sportif. D'étudiant politisé à militant clandestin, Stéphane traverse le film au rythme d'un mouvement qui s'accélère jusqu'à le dépasser. De retour en Corse après l'assassinat d'un ami proche, le jeune homme semble enfin prendre la mesure d'une existence sacrifiée à l'autel de la lutte.

Didactique sans être assommant, le second long métrage de Thierry de Peretti impose une cadence qui ne flanche pas. Le récit peut alors se combiner autour des nombreux personnages et des enjeux, parfois contradictoires, qui les animent. La mise en scène ample et l'écriture précise vont à l'essentiel et préservent la volonté de faire le portrait d'une génération, celle du réalisateur, marquée par la violence et la radicalité du combat nationaliste.

À travers Stéphane et se plaçant au cœur de l'action, Une vie violente peint un quotidien dans lequel toute vision romantique se voit exclue. Les errements et les contradictions des uns et des autres permettent de dresser des portraits contrastés et justes, rendant ainsi compte d'une complexité qui dépasse les mythes et les figures édifiantes pour retrouver une dimension tout simplement humaine.

Après Les apaches, premier long métrage prometteur, Thierry de Peretti poursuit son exploration d'une réalité corse qu'il retranscrit à travers un cinéma vif et profondément contemporain.

Rédigé par Pierre Guiho

Publié dans #Bons coups

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ffred 14/08/2017 14:39

Tout à fait d'accord !