Coffret Jack Arnold - Géant de la peur

Publié le 12 Juillet 2017

Coffret Jack Arnold - Géant de la peur

La réédition en version restaurée dans un superbe coffret combo BR et DVD de Tarantula (1955) et L'homme qui rétrécit (1957) de Jack Arnold permet de découvrir ou redécouvrir deux œuvres majeures de l'un des maîtres de la peur.

Auteur d'une vingtaine de longs métrages, le réalisateur de L'étrange créature du lac noir doit sa réputation à la sophistication de sa mise en scène, exigence formelle associée à des scénarios finement construits.

Point commun entre les deux films, l'araignée, doublement géante mais pour des raisons opposées, permet des analyses croisées. De l'infiniment petit à l'infiniment grand, la question d'échelle prime et entretient les situations de peur après les avoir suscitées. Immense dans les deux cas, l'araignée démesurée de Tarantula semble la jumelle de celle qui, gardant pourtant sa taille normale, devient pour celui qui rétrécit un monstre dangereux.

Pourtant, les traitements visuels s'opposent radicalement. Lointaine et presque floue, ombre planant sur la campagne désertique, la créature monstrueuse de Tarantula impose une peur de menace. Tueuse folle, dévoreuse de bétail et d'hommes, elle doit être exterminée par des moyens militaires. Présentée de manière beaucoup plus réaliste, parfois en plans rapprochés, l'araignée de L'homme qui rétrécit se pose en rivale de survie dès lors qu'il s'agit de s'approprier un morceau de pain rassis.

Coffret Jack Arnold - Géant de la peur
Coffret Jack Arnold - Géant de la peur

L'autre élément commun des deux longs métrages concerne la manière dont les dérèglements d'échelle interviennent. À la base de nombreux récits d'horreur, l'expérience scientifique ou ses conséquences, pour l'un une sorte d'hormone de croissance aux effets sidérants, pour l'autre un nuage radioactif géant (comparé à de l'insecticide) vient transformer l'ordre animal et l'ordre du monde avec des conséquences incontrôlables.

Alors que Tarantula se déroule principalement en extérieurs, l'immensité du désert et des prairies offrant à l'invertébrée un terrain de jeu à sa mesure, L'homme qui rétrécit s'en tient au cadre strict d'une maison d'habitation et de sa cave (lieu d'angoisse par excellence). Tout l'art de Jack Arnold consiste alors à adapter sa mise en scène aux décors qu'il s'est choisis. Son exigence formelle s'exprime pleinement dans la minutie avec laquelle il met en images et en actions la constante combinaison des échelles. À ce titre, l'évolution du mobilier et de la configuration de la maison de Scott Carey à mesure qu'il rétrécit s'avère fascinante.

Au-delà des peurs engendrées et savamment suscitées, les deux films s'interrogent sur le destin de l'homme, sa relation avec l'univers et placent en leur cœur deux histoires d'amour qui dépassent l'anecdotique.

À metteur en scène majeur, collaborateurs de choix, la musique de Mancini pour Tarantula ou le scénario de Matheson pour L'homme qui rétrécit, bien d'autres encore, un excellent casting, une image superbe dans son traitement du noir et blanc, tout se conjugue admirablement pour faire de ces deux films deux œuvres incontournables.

Suppléments
Parmi les suppléments, un livret collector de 48 pages rédigé par Matthieu Rostac, le portrait de Jack Arnold et la présentation des films par le passionnant Jean-Pierre Dionnet constituent un complément de choix !

> Combo BLU-RAY/DVD édité par Elephant Films.

Coffret Jack Arnold - Géant de la peur

Rédigé par Pierre Guiho

Publié dans #Bons coups, #DVD-BR

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