Best of Chéries Chéris Vol. 1 • DVD

Publié le 19 Mai 2017

Best of Chéries Chéris Vol. 1 • DVD

Dans ce premier volume du Best of Chéries Chéris, l'éditeur Optimale a regroupé six courts métrages français présentés lors du festival du même nom. Hormis leur thématique homosexuelle, les films choisis (de 8 à 30 minutes) font preuve d'une maîtrise cinématographique notable.

Le plus brillant d'entre eux, le plus singulier également, entre narration syncopée et expérimentation, Le corps des anges de Benoît Duvette (adapté du roman éponyme de Mathieu Riboulet), plonge dès les premières images dans une ambiance sensorielle et fantastique particulièrement puissante. Deux jeunes hommes évoluent en parallèle et semblent l'un et l'autre entretenir avec leur corps des relations complexes. Rémi vit à la campagne et aime se faire chuter à vélo, afin de s'endolorir et d'écouter le chant des oiseaux. Le ventre de Gabriel émet d'étranges borborygmes le contraignant (peut-être) à en exposer la peau nue à l'air libre et à se fendre la chair d'un couteau. Les deux garçons finissent par se croiser dans une étrange communion dont la mort n'est pas absente. L'épilogue sybillin ne viendra pas totalement lever le mystère d'un récit avare de paroles mené par une réalisation sensitive et troublante. Le travail visuel et sonore, le sentiment prégnant de l'humidité des sols, de la terre, des peaux balayées par la pluie, imposent un parti pris radical et révèlent un cinéaste à suivre.

À l'opposé, Apollon de Loïc Dimitch déroule un film pop et coloré envahi de bananes, qui illustre la tyrannie du beau corps (et du gros sexe) très présent dans la communauté gay : il faut être bien gaulé et être bien pourvu par la nature pour plaire... Le format court convient parfaitement à ce récit léger et totalement assumé.

Herculanum de (et avec) Arthur Cahn (associé à Jérémie Elkaïm), narre en trois temps la rencontre entre deux hommes et, à l'image du film Week-end d'Andrew Haigh, développe avec une grande justesse le sujet du premier rendez-vous sexuel, ses rites, la manière d'être, d'en dire peu puis davantage. Les trois étapes permettent à chacun de mieux connaître l'autre et de mieux se découvrir afin, peut-être, d'aller plus loin.

De forme très classique, En retour de Benjamin Wacksmann prend également pour point de départ un rendez-vous, mais entre deux hommes (l'un beaucoup plus âgé que l'autre) qui se connaissent déjà. Les événements ne se déroulent évidemment pas comme prévu. Si le sujet s'avère moins percutant, la mise en scène rythmée permet au film de se regarder sans déplaisir.

Faux documentaire et vrai-fausse autofiction, Ruptures (ou André et Gabriel) met en scène un cinéaste réalisant auprès de ses proches un film sur la rupture amoureuse. Croisant son ex-copain quitté il y a 10 ans, celui qui se cache derrière la caméra devra bientôt se placer devant. Malin et bien construit, ce court métrage traite avec ironie et gravité des sentiments amoureux contrariés.

Couronné par le Prix du Jury du 20e Festival Chéries Chéris, Juillet électrique de Rémi Bigot évoque avec délicatesse la naissance du sentiment amoureux chez un adolescent de 14 ans. Ensoleillé et magnifiquement mis en images, prenant notamment pour cadre les cinégéniques vestiges du monorail du Loiret, le film imprime à son récit une belle puissance romanesque.

> DVD édité par Optimale

Rédigé par Pierre Guiho

Publié dans #DVD-BR, #Bons coups, #Court métrage

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