La La Land

Publié le 31 Janvier 2017

La La Land

Au terme d'une campagne de communication agressive, il semblait entendu que le nouveau film de Damien Chazelle allait non seulement rencontrer le public mais le combler. La La Land porterait en lui le secret du succès, celui d'un film fédérateur destiné à tous.

Il s'agit finalement de ne jamais extraire le spectateur de sa zone de confort. Tout dans le film prend un parfum familier, rien ne dépareille, rien ne surprend. Ainsi, caressés dans le sens du poil, à peine sollicités, voyant défiler devant leurs yeux des images colorées dont on leur dit qu'elles sont belles, Monsieur et Madame Toutlemonde en ont pour leur argent. Ils sortent de la séance totalement ravis avant de conseiller très poliment le film à leurs amis et connaissances. "C'est formidable, ça rappelle les comédies musicales d'autrefois !"

Moyen en tout, La La Land ne brille sur rien. La mise en scène d'abord très ostentatoire, presque insupportable dans ses mouvements trop vifs et totalement illisibles, finit par rentrer dans le rang en s'effaçant totalement. Le scénario, d'une platitude abyssale, se contente de combiner d'usants clichés, n'offrant jamais la possibilité aux personnages d'exister : ne sortant jamais des archétypes, ils évoluent sans chair et sans épaisseur. La musique semble là pour habiller le vide. Si le jazz contemporain est évoqué, on ne l'entend pas, la bande originale ne déversant qu'un sirop d'ascenseur sans identité. Même chose pour la danse.

Tout est vieux dans La La Land, ringard, consensuel et moyen. Quand Jacques Demy réalisait d'impossibles films, il les ancrait dans la réalité. Profondément contemporain, son cinéma n'oubliait pas d'être social et politique. Dans sa représentation d'une nostalgie facile, s'inscrivant en plein dans une mode vintage artificielle et sans chair, Damien Chazelle se contente de filmer le vide.

À noter, quelques belles images de Los Angeles, une fin plutôt jolie, Emma Stone et Ryan Gosling mignons tout plein, mais ça ne suffit pas.

Rédigé par Pierre Guiho

Publié dans #Coups moyens

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ffred 31/01/2017 15:19

Avec chacun nos mots on pense exactement la même chose ! Tout arrive ! ;-)

Pierre Guiho 18/02/2017 17:01

Non, blin jm, je ne pense pas que ce soit à toi qu'il réponde...

blin jm 31/01/2017 15:26

Est ce à moi que tu reponds , si oui j'utilise des mots qui traduisent en même temps mon degré d'exasperation

blin jm 31/01/2017 12:13

dis moi qui produit et je te dirai si ça a une chance d'être de l'art qui a des couilles

Pierre Guiho 31/01/2017 12:15

???

Mister Niku 31/01/2017 11:51

Est-ce que La La Land innove ? Je ne suis pas professionnel du cinéma, je ne sais donc pas s'il apporte de nouvelles choses.
Je trouve que c'est un beau film esthétiquement parlant, qu'au niveau réalisation c'est très soigné (plans-séquences, costumes, musiques, couleurs, cadrages avec ces gros plans), que c'est une histoire facile qui tient la route (la 1ère partie dans les rêves un peu bling bling de L.A. et la 2ème dans la descente toute classieuse, et une fin qui pour le coup aurait pu être bien plus facile dans le feel good movie), deux acteurs en forme.
C'est une sorte de néo-classicisme : un retour à un vieux film, dans une histoire où il y a quand même des téléphones portables :)
Après, est-ce qu'il innove comme Avatar ou Gravity, est-ce que le scénario explore des voies immaculées, non : je suis d'accord avec toi. :)

Mister Niku 31/01/2017 11:42

L'art sert-il à quelque chose ? :)

Pierre Guiho 31/01/2017 11:45

Bien joué ! En l'état, je voulais dire que ce film n'apportait rien à l'art cinématographique. Et c'est dans ce cadre-là qu'à mon sens il ne sert à rien.

Mister Niku 31/01/2017 11:24

J'ai trouvé les scènes de comédie musicale terriblement bien faite, avec des plans séquences très ambitieux, à l'image de l'entrée en matière sur l'autoroute.
Le film est doux, nous ne sommes clairement dans une démarche qui vise à choquer ou à faire réfléchir. Mais je ne le trouve pas consensuel, rien que par son genre qui n'est pas apprécié par tous. La fin est également "surprenante", cohérente, et apporte vraiment une balance entre la 1ère partie du film et la 2ème partie.

Pierre Guiho 31/01/2017 11:27

Un film doux n'est pas forcément impersonnel. Je trouve que celui-ci n'apporte rien et, au final, ne sert à rien. Mais j'entends ton point de vue.