Paterson

Publié le 27 Décembre 2016

Paterson

Les dix premières minutes sont une magnifique promesse, celle d'un film qui serait le regard de Paterson, celui de tout être capable d'observer, de voir, d'entendre. La mise en scène est d'une absolue justesse et le tempo parfait.

La narration se découpe en journées, le film s'appuyant sur la répétition de motifs à la manière d'un texte poétique. Nombreux et placés en exergue, ils se combinent de manière à tisser un récit linéaire et dépouillé, celui d'une existence simple et bienheureuse. Il s'agit de prendre le meilleur, d'être à l'écoute et de rêver.

Le film n'est donc pas tant un film sur la poésie, laquelle serait alors réduite à une seule expression, mais sur une manière de vivre, une philosophie. Paterson fait office de sage, sa femme de muse, le monde d'observatoire.

Malgré le soin apporté par Jarmusch, la mécanique finit par tourner en rond, la narration ne parvenant bientôt plus à enrichir un propos qui se contente de rester en surface. Le personnage de Laura demeure finalement assez anecdotique quand celui de Paterson est presque trop opaque. Le minimalisme général et le motif répétitif finissent par lasser jusqu'à ce que le joli final vienne un peu tard ouvrir d'autres perspectives.

Paterson n'en demeure pas moins un film fort agréable dont la mise en scène, comme toujours chez Jarmusch, est d'une grande élégance.

Rédigé par Pierre Guiho

Publié dans #Assez bons coups

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