Pas comme des loups • AVP

Publié le 30 Mars 2016

Pas comme des loups • AVP

La force du cinéma documentaire est de dépasser les frontières entre le réel et la fiction. Pas comme des loups est une œuvre de transformation qui débute dans un garage en sous-sol et se termine à la cime d'un arbre. Suivant sur trois ans le parcours hors norme de deux frères jumeaux en marge de la société (un pied dedans, un pied dehors), Vincent Pouplard capte en 59 minutes quelque-chose comme l'essence de la vie.

Ils s'appellent Roman et Sifredi. On devine une enfance et une adolescence compliquées, des liens filiaux coupés, deux trajectoires parallèles plus ou moins suivies par les services sociaux. Le film en dit peu, esquissant un hors champ lointain dont seuls quelques bruits de circulation semblent nous parvenir.

Construit comme un journal de bord, s'adaptant aux circonstances, à l'absence de l'un puis à son retour, le film inscrit la marche du temps dans trois lieux distincts, chacun représentant une étape dans l'évolution des deux frères. C'est d'abord le garage de l'appartement de leur mère, puis une ancienne école transformée en squat, c'est enfin une cabane construite dans un bois, un arbre.

Comme né de l'ombre et menant à la lumière, Pas comme des loups accompagne Roman et Sifredi dans un cheminement physique et mental qui transforme les contraintes et la précarité en choix de vie. Les deux frères vivent au jour le jour, prennent le temps de goûter à l'instant présent et font état d'une philosophie de sages alors qu'ils ont à peine 20 ans. Leur regard sur le monde nous renvoie au nôtre, la liberté qu'ils revendiquent nous semblant presque inaccessible, du domaine du rêve.

Ne gardant qu'une heure sur les soixante-douze tournées, Vincent Pouplard valide la volonté de Roman et Sifredi de ne jamais retenir que le meilleur. Ainsi, de sauts dans l'eau en joutes verbales, de strophes de rap en vie sauvage, accompagnés de leurs amis puis seuls, les frères jumeaux s'adaptent au monde qu'ils se choisissent, s'inventent et se réinventent.

Magnifiquement mis en images, captant comme à l'improviste le phrasé singulier de ses protagonistes, prenant son sujet à bras le corps, Pas comme des loups n'est pas un reportage lambda sur la galère de deux frères, c'est une œuvre de cinéma à part entière, généreuse et lumineuse, un film qui rend meilleur.

>>> Article plus complet à lire ici >>>

Film vu en avant-première en présence de Vincent Pouplard, de la productrice Emmanuelle Jacq, d'une partie de l'équipe et de Roman et Sifredi. Pas comme des loups est produit par Les films du Balibari.

Rédigé par pierreAfeu

Publié dans #Coups de coeur, #Avant première

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